Hydrologie de l’Esteron
Remerciements à M. Claude Roggero, informations extraites du livre « Il reste des rivières » aux éditions Serre.

 

Née dans la partie occidentale du département, dans les Préalpes de Grasse, la rivière Estéron prend sa source à 1130 m d’altitude, ce qui en fait une rivière très différente par son origine, par l’altitude moyenne de son bassin versant (1000m) et donc par son alimentation, des autres affluents du Var.

 

 


Le bassin versant de l’Estéron couvre 475 km². L’Estéron présente deux particularités majeures : un tracé sinueux avec de nombreuses clues, résultant du franchissement des divers anticlinaux* et une influence considérable exercée sur son régime par les massifs karstiques* du Cheiron, et plus en amont des montagnes de Bleyne, de Thorenc et du Charamel. Les pentes sont très variables en fonction justement des divers terrains rencontrés ; à la clue de St Auban, elles peuvent atteindre jusqu’à 9%, alors qu’à quelques kilomètres en aval, on tombe à moins de 2%.

Donc un tracé curieux, de brusques accélérations de pente caractérisent le cours de l’Estéron.

 

Sur ce bassin, les précipitation surprennent quelque peu par leur importance. La majeure partie du bassin versant se situe au-dessus de l’isohyète* des 1000mm. Si l’on veut bien admettre que l’altitude est insuffisante pour permettre des précipitations solides importantes et le maintien d’un manteau neigeux durable, on comprend aisément que l’Estéron risque fort, bien plus que la Tinée notamment, de connaître des crues assez importantes.

En effet, les grandes pluies de saison froide atteignent des totaux parfois impressionnants, alors que les hauts bassins alpestres sont épargnés.

Le régime : au lieu dit la Clave à Gilette, l’Estéron débite en moyenne 7,03 m3/s, soit un débit spécifique de 15,5 litre par seconde par km². Il offre une certaine similitude avec ceux de la Siagne et du Loup. On y retrouve la plupart des caractères des régimes méditerranéens à l’influence karstiques, avec une légère retouche nivale.
Deux MAXIMA apparaissent, le plus important étant automnal. Le second maximum est printanier ; il s’affirme dès le mois de Mars, époque à laquelle disparaissent les dernières neiges du Cheiron, se maintient en Avril et s’atténue nettement en Mai en fonction de la diminution des réserves souterraines et des quantité moyennes de pluie.
On ne peut parler de véritable crue hivernale ; par ailleurs, l’été est caractérisé par d’importants étiages*. L’Estéron est donc bien méditerranéen, et son alimentation est avant tout pluviale.

D’une année à l’autre, les débits connaissent donc, beaucoup plus que les autres affluents du Var, une extrême irrégularité. Toutes les crues de l’Estéron ne se situent pas en automne.

Elles peuvent prendre les caractères suivants :
Grande ampleur soudaine, violence momentanée (se sont les plus dangereuses), et gros flot de crue sans intumescence énorme, mais réparti sur plusieurs jours. Tout ceci bien entendu, est fonction de la durée et de la violence des pluies, mais aussi du degré de saturation du sol, ainsi que des températures.

Quoiqu’il en soit, l’Estéron reste dangereux en période de pluie.