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Née dans la partie occidentale du département, dans
les Préalpes de Grasse, la rivière Estéron prend
sa source à 1130 m d’altitude, ce qui en fait une rivière
très différente par son origine, par l’altitude
moyenne de son bassin versant (1000m) et donc par son alimentation,
des autres affluents du Var.
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Le bassin versant de l’Estéron couvre 475 km². L’Estéron
présente deux particularités majeures : un tracé sinueux
avec de nombreuses clues, résultant du franchissement des divers
anticlinaux* et une influence considérable exercée sur
son régime par les massifs karstiques* du Cheiron, et plus en
amont des montagnes de Bleyne, de Thorenc et du Charamel. Les pentes
sont très variables en fonction justement des divers terrains
rencontrés ; à la clue de St Auban, elles peuvent atteindre
jusqu’à 9%, alors qu’à quelques kilomètres
en aval, on tombe à moins de 2%.
Donc un tracé curieux, de brusques accélérations
de pente caractérisent le cours de l’Estéron.
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Sur ce bassin, les précipitation surprennent
quelque peu par leur importance. La majeure partie du bassin
versant se situe au-dessus de l’isohyète* des
1000mm. Si l’on veut bien admettre que l’altitude
est insuffisante pour permettre des précipitations
solides importantes et le maintien d’un manteau neigeux
durable, on comprend aisément que l’Estéron
risque fort, bien plus que la Tinée notamment, de
connaître des crues assez importantes.
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En effet, les grandes pluies de saison froide atteignent des totaux
parfois impressionnants, alors que les hauts bassins alpestres
sont épargnés.
Le régime : au lieu dit la Clave à Gilette, l’Estéron
débite en moyenne 7,03 m3/s, soit un débit spécifique
de 15,5 litre par seconde par km². Il offre une certaine similitude
avec ceux de la Siagne et du Loup. On y retrouve la plupart des
caractères des régimes méditerranéens à l’influence
karstiques, avec une légère retouche nivale.
Deux MAXIMA apparaissent, le plus important étant automnal. Le
second maximum est printanier ; il s’affirme dès le mois
de Mars, époque à laquelle disparaissent les dernières
neiges du Cheiron, se maintient en Avril et s’atténue nettement
en Mai en fonction de la diminution des réserves souterraines
et des quantité moyennes de pluie.
On ne peut parler de véritable crue hivernale ; par ailleurs,
l’été est caractérisé par d’importants étiages*.
L’Estéron est donc bien méditerranéen, et
son alimentation est avant tout pluviale.
D’une année à l’autre, les débits connaissent
donc, beaucoup plus que les autres affluents du Var, une extrême
irrégularité. Toutes les crues de l’Estéron
ne se situent pas en automne.
Elles peuvent prendre
les caractères suivants :
Grande ampleur soudaine, violence momentanée (se sont les
plus dangereuses), et gros flot de crue sans intumescence énorme,
mais réparti sur plusieurs jours. Tout ceci bien entendu,
est fonction de la durée et de la violence des pluies, mais
aussi du degré de saturation du sol, ainsi que des températures.
Quoiqu’il en soit, l’Estéron reste
dangereux en période de pluie.
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