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Cuebris, commune frontière entre le Comté de Provence et
le Comté de Nice, demeure provençale lors de la reddition
du Comté de Nice au duc de Savoie en 1388 ;
Enclave provençale dans le Comté de Nice, le territoire
de la commune pose des problèmes de circulation et de passage.
Ils font l'objet, pendant la première moitié du 18ème
siècle, d'instructions, conventions, lettres, contestations sur
les droits exigés et les exemptions. Un bureau de douane y est
installé. Elle est rattachée au Comté de Nice par
le traité de Turin qui, en 1760, procède à une rectification
de frontière entre les deux états.
Nissarde pendant trente-deux ans, elle redevient française par
décret de la convention du 4 février 1793 qui institue les
Alpes-Maritimes en 85ème département de la République.
Sarde à nouveau en 1815 à l’effondrement de l’Empire,
la commune retourne à la France 45 ans après, à la
suite du plébiscite des 15 et 16 avril 1860 : retour voté
à l’unanimité.
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Les seigneurs
C’est en 1002 que le nom de Cuébris, sous la forme
latine Cobrium, apparaît pour la première fois dans
un acte de donation, conservé dans le Cartulaire de Lérins
; Laugier Le ROUX est alors le premier seigneur de Cuébris
dont les documents portent trace. Puis de nombreuses familles seigneuriales
se succèdent notamment la famille FLOTTE dont le nom restera
lié à celui de Cuébris jusqu’au rattachement
au Comté de Nice en 1760.
En 1760, le fief de Cuébris passe aux Isnardi, seigneurs
de Coursegoules.
Chaque seigneur n’a pas l’ensemble des droits sur la
communauté. Par suite de testaments, donations, transactions,
mariages, ces droits peuvent être partagés entre plusieurs
bénéficiaires. |
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Le Château
Le Château qui dominait le village fût construit vers
1320 par Geoffroi de Chateauneuf, seigneur de Cuébris. Celui-ci
connut plusieurs destructions et reconstructions au cours des ans,
notamment vers 1380, au cours d’une guerre civile. On connaît
les biens du lieu, ainsi que ceux de la famille seigneuriale à
la fin du 17ème siècle, grâce à l’inventaire
établi lors du décès de Pierre de Flotte à
la demande de son épouse le 8 juin 1695.
Aujourd’hui ne subsistent que quelques
murs de cette construction.
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La commune
Au début du 14ème siècle, Cuébris est
le village le plus peuplé du Val de Chanan, avec 500 habitants
(recensements de 1313 et 1315/1319). Cette situation est de courte
durée, dès la seconde moitié du siècle,
en 1364, la moitié des habitants est partie. Le reflux est
surtout dû aux intempéries de 1387, dont nous ne connaissons
pas la nature, qui ruinèrent complètement et pour longtemps
toutes les cultures. Ces calamités agricoles précédèrent
de peu la fameuse épidémie de peste qui se répandit
presque partout en Provence à partir de 1348 et qui atteignit
les environs de Cuébris et La Cainée vers 1352. Les
combats lors de la guerre civile en 1382 ravagèrent le Val
de Chanan et le Haut Estéron. Le château de Cuébris
fut détruit. La reddition du Comté de Nice à
la Savoie en 1388 entraîna jusqu’en 1400 une série
de luttes et de troubles. Au cours du 15ème
siècle se forment de véritables communautés
permanentes d’habitants. Les chefs de familles se réunissent
depuis longtemps à la demande, ou avec l’autorisation
du seigneur pour le règlement d’une affaire qui intéresse
l’ensemble de la population. C’est ainsi que le 28 Octobre
1406 les habitants de Cuébris passent avec leurs seigneurs
Geoffroy Flotte et dame Degane de Peiresc son épouse, un
accord pour mettre fin à une coutume qui permettait à
ces derniers de reprendre les terres pour lesquelles il n’y
avait pas d’héritiers légitimes. L’attribution
des terres inoccupées se fait désormais avec le concours
de la population. Ce sont alors les prémices d’une
organisation municipale qui se met en place presque partout dans
la première moitié du 15ème siècle en
dépit des troubles, de la dépopulation et de l’état
de semi-abandon de la plupart des villages. |
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